Sidiki Bakaba crie sa colère après l'incendie de "l'Oiseau Livres"...

Au-delà de l'info, il y a un problème de fond !

  
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Ce matin, j’ai eu une discussion avec Sidiki Bakaba, acteur, réalisateur, dramaturge… et ancien directeur général du Palais de la culture d’Abidjan.

J’ai pensé tout de suite à lui quand j’ai vu les images de l’Oiseau-livres, le premier avion du premier président ivoirien Félix Houphouët-Boigny, qu’il avait transformé en bibliothèque gratuite pour enfants et en espace de spectacles accessibles pour, disons, la jeune création.

L’oiseau-livres a été incendié, manifestement par des mains malveillantes. Au-delà de l’émotion légitime, Sidiki Bakaba met le doigt sur une réalité préoccupante : le bradage du patrimoine de l’État ivoirien, dans un contexte de spéculation infernale.

Dans le dessein de départ (je crois qu’il s’agit des 12 chantiers de l’Eléphant d’Afrique, projet lancé sous le président Henri Konan Bédié), le Palais de la culture n’était que le premier joyau d’un écrin qui devait s’appeler la berge de la culture et contenir en son sein bibliothèques, salles de cinéma, halls d’exposition, etc. Sous l’égide d’un État stratège et protecteur des arts. Cela ne se fera pas. Parce que l’État se pille lui-même. Disons que les agents de l’État pillent l’État avec une férocité digne d’une Occupation. Mise à l’encan du patrimoine foncier en ville, destruction sordide du patrimoine foncier rural à travers une colonisation des forêts primaires par des cacaoyers faisant gonfler la production nationale au profit des multinationales qui ont peur que la rareté fasse monter les cours… Bref. Écoutez et débattons.

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