Bombardement de Bouaké : l’avocat du copilot…

Je voudrais retranscrire pour les lecteurs de cette newsletter un entretien que j'ai eu avec Pierre Dagbo, avocat du colonel ivoirien Patrice Ouei, condamné à perpétuité par la Cour d'assises de Paris pour son rôle supposé dans le bombardement qui a coûté la vie à neuf soldats français et un civil américain à Bouaké, le 6 novembre 2004. Cet entretien est édifiant et confirme l'analyse que j'avais faite il y a quelques jours. Je disais que la condamnation des deux copilotes ivoiriens était grotesque. Celle d'Ange Gnandouillet d'abord, tout simplement parce qu'il est mort depuis plus de cinq ans. Et celle de Patrice Ouei, aussi, parce que l'avion de guerre mis en cause avait à son bord le pilote biélorusse Yury Sushkin et le copilote ivoirien Ange Gnandouillet. Je disais que de plus, Ouei, avait toujours nié avoir piloté le deuxième avion qui avait volé ce jour-là. Ce qui est confirmé par de nombreux éléments du dossier judiciaire et par des sources directes que j'ai pu interroger aujourd'hui. L'avocat de Patrice Ouei clame l'innocence de son client, qui n'aurait jamais reçu de convocation de la justice française. En creux, il relève le caractère kafkaïen de cette histoire. Un feuilleton judiciaire grotesque dans lequel la justice française sabote manifestement sa propre enquête pour mieux protéger le pouvoir français de l'époque, qui a très clairement aidé les mercenaires qui ont tué ses soldats à disparaître dans la nature. Je publierai bientôt une ou plusieurs analyses plus poussées sur ce sujet. Pour recevoir mes articles, abonnez-vous à ma newsletter.

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